Les 0-14 ans.

L’évolution de la sinistralité routière des 0 – 24 ans entre les années 2000 et 2010 montre que les 0-14 ans ont mieux bénéficié de la baisse du nombre des personnes tuées que leurs aînés : en 2010, ils constituaient en effet 3,3% des tués contre 4,5% en 2000.

Par ailleurs cette tranche d’âge qui constituait en 2009 18,3% de la population n’est donc pas considérée comme très exposée au risque routier : le risque relatif d’être tué y est évalué à 0,2 par rapport à l’ensemble de la population.
Les 130 enfants et jeunes adolescents tués en 2010, l’ont été pour 76 d’entre eux en voiture et pour 24 autres en tant que piéton.

A l’inverse, les « 15-17 ans » et les « 18-24 ans », profitent nettement plus difficilement de la baisse générale de l’accidentalité : les premiers ne ramènent leur part dans les personnes tuées qu’à 4,0% en 2010 contre 4,3% en 2000 et les seconds à 20,8% contre 21,4% en 2000.

Les 15-17 ans

Les 15-17 ans qui constituaient en 2009 3.7% de la population peuvent donc être considérés comme très sensiblement exposés au risque routier : leur risque relatif d’être tué est évalué à 1,2 par rapport à l’ensemble de la population.

Les 161 adolescents entre 15 et 17 ans tués en 2010, l’ont été pour 84 d’entre eux à vélomoteur, et pour 53 autres en voiture.

Les 18-24 ans

Les 18-24 ans qui constituaient en 2009 8,9% de la population sont donc considérés comme extrêmement exposés au risque routier : le risque relatif d’être tué est évalué pour eux à 2,4 par rapport à l’ensemble de la population.
Les 831 jeunes adultes de 18 à 24 ans tués en 2010, l’ont été pour 534 d’entre eux en voiture, et pour 208 autres sur un deux roues motorisé.

Les blessés graves et les séquelles

Ces chiffres ne représentent que les victimes tuées : il faut y ajouter les victimes blessées dont beaucoup garderont toute la vie de graves séquelles physiques et psychologiques.
Ainsi, en 2011, les 15-24 ans qui représentaient 12.3% de la population constituaient 27.8% des blessés les plus graves avec 8232 victimes hospitalisées.

Pour en savoir plus sur les conséquences des accidents de la route sur la santé : site du registre des accidents de la route du Rhône ("registre du Rhône").

Si la nécessité d’une éducation face au risque routier pour tous dès le plus jeune âge est bien réelle, les chiffres et les bilans montrent que la poursuite et le renforcement du travail engagé sont essentiels pour les classes d’âge plus élevées.

L’enjeu "jeunes" (statistiques 2011)

Depuis que l’on mesure l’insécurité routière, les 15-24 ans représentent chaque année environ 25% des tués (957 en 2011) et 33% des blessés graves alors qu’ils ne sont que 15% dans la population globale.
Les causes de cette surreprésentation sont désormais bien connues ; elles trouvent leur origine dans des comportements et attitudes identifiés : prises de risques, alcoolisations excessives, usages de drogues illicites, vitesses excessives, usage du téléphone mobile, non utilisation de la ceinture de sécurité dans les véhicules, fatigue, pression des pairs, mauvaise planification de ses déplacements, etc.

Plus spécifiquement, Trois dimensions principales de la mise en danger de soi sont sous-jacentes aux comportements dangereux des jeunes sur la route :

  • La prise de risque : c’est un comportement conscient, intentionnel de mise en danger de soi car les bénéfices perçus dudit comportement l’emportent sur les coûts pour le jeune (ex : les effets anxiolytiques de l’alcool, les sensations de la vitesse)
  • La non-perception du risque : le danger inhérent du comportement n’est pas perçu du fait de divers dysfonctionnements de la perception (ex : la sous-estimation des distances de sécurité, la sous-estimation de la courbe d’alcoolémie, l’optimisme comparatif)
  • L’acceptation du risque : un comportement où la mise en danger de soi est plus subie que voulue, car le sujet ne voit pas comment faire autrement que le comportement dangereux (ex : accepter d’être passager d’un conducteur alcoolisé ou sous l’influence de drogues car l’on n’a pas planifié ses trajets, l’on n’ose pas s’affirmer, l’on craint d’autres dangers, etc).

Certes, non-perception du risque et acceptation du risque ne sont pas totalement indépendantes : l’acceptation est une forme de dysfonctionnement de la perception, mais c’est une position intermédiaire entre la prise de risque et la non-perception du risque : le risque est souvent perçu mais subi, imposé.

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Notes

[1Rapport intermédiaire, étude Perle, IFSTTAR, 2013