Zoom sur les facteurs humains

Zoom sur les facteurs humains des accidents sur la route.

En vidéo, les 6 risques d’accident pour les jeunes, Jean-Pascal Assailly :

L’alcool

Ce qu’il faut retenir :

  • Tels qu’ils sont servis dans un débit de boisson, un verre de vin, d’apéritif, de wisky représentent tous la même quantité d’alcool pur, soit 0,10 gr
  • La durée d’élimination de l’alcool dans l’organisme est lente (0,15 g/l par heure) et souvent sous-estimée
  • Depuis plus de 20 ans, un taux d’alcool positif est présent dans 30% des accidents mortels : c’est le premier facteur présent dans ces accidents
  • La présence d’alcool est souvent associée à une vitesse excessive, à la prise de stupéfiants, à l’absence de ceinture de sécurité
  • Une très forte part de ces accidents se produit en fin de semaine
  • 80 % des conducteurs alcoolisés impliqués dans un accident mortel sont des hommes.
  • Le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 8,5 avec un taux d’alcool positif ; il est multiplié par 14 si le cannabis est associé à l’alcool.
  • Le message de sécurité routière est connu de tous : boire ou conduire, il faut choisir !

En complément :

  • les vidéos des minutes de sécurité routière « C’est pas sorcier ! »

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La vitesse excessive ou inadaptée

La vitesse excessive

Elle se mesure par rapport à la vitesse limite autorisée : si la vitesse est limitée à 50 km/h et que je roule à 70 km/h ma vitesse est excessive.

« Dépasser la limitation de quelques km/h n’est pas dangereux »

En ville notamment, où un grand nombre d’usagers cohabitent, rouler à 60 km/h plutôt qu’à 50 km/h n’est pas sans conséquences. Un piéton a 95 % de chance de survie lors d’un choc à 30 km/h, 53 % à 50 km/h et seulement 20 % à 60 km/h (association Prévention Routière).

« Rouler plus vite vous fait gagner de temps. »

Sur 100 km, rouler à 150 km/h plutôt qu’à 130 km/h vous fait gagner… 6 minutes seulement. La prise de risque vaut-elle le coup ? (association Prévention Routière).
Rouler moins vite permet également d’être moins fatigué par l’attention requise par une vitesse plus rapide (rouler vite fatigue).
Rouler moins vite avec un véhicule à moteur permet de consommer moins de carburant : une économie financière et un acte éco-citoyen...

Gain de temps et vitesse ne sont pas des grandeurs proportionnelles.

Analyse à partir de la courbe représentant le temps mis pour faire 100 km
en fonction de la vitesse.
(À pieds, en vélo, en voiture sur route et sur autoroute)

Autant un piéton, voire un cycliste, peut gagner significativement du temps en pressant le pas,
(Cette notion est intégrée dans notre inconscient),
autant cela devient illusoire pour un automobiliste au-delà de 80 km/h.

La vitesse inappropriée

On parle de vitesse inappropriée si les conditions de circulation augmentent le risque lié à la vitesse : si la route est mouillée, s’il y a du verglas, s’il y a du brouillard, s’il y a beaucoup de circulation, si d’autres usagers sont présents dans la rue (piétons, cyclistes, cyclo, ...) je dois adapter ma vitesse.

A 30 km/h, il faut 13m pour s’arrêter alors qu’à 50 km/h l’automobiliste aura parcouru 14m avant même d’avoir commencé à freiner. La probabilité d’être tué d’un piéton lors d’une collision avec une voiture de tourisme croît très rapidement avec la vitesse, notamment au-dessus de 50 km/h.

Les minutes de sécurité routière « C’est pas sorcier ! »

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Les substances psycho-actives.

Sous le terme de substances psycho-actives, on distingue les substances :

  • Licites : alcool et tabac (vente contrôlée, consommation dans les lieux publics réglementée)
  • Illicites : cannabis, cocaïne, héroïne…
  • Contrôlées : médicaments (anxiété, dépression, sommeil)

La drogue illicite détectée dans les accidents de la circulation est essentiellement le cannabis.

Cannabis et insécurité routière : les données de 2012

En 2012, la présence de stupéfiants a été mise en évidence, chez au moins un conducteur, dans 478 accidents mortels. Ces 478 accidents mortels ont occasionné 531 décès (pour un total de tués sur la route de 3653 dans l’année).

Le seul cannabis contribuerait ainsi au décès de près de 190 personnes chaque année par accident de la route (augmentation du temps de réaction, troubles de la coordination motrice…)

Les effets du cannabis sur le comportement :

  • il peut engendrer des bouffées délirantes et des hallucinations avec des conséquences qui peuvent être graves ;
  • un usage régulier entraîne des troubles des fonctions intellectuelles ;
  • une augmentation importante du temps de réaction des conducteurs sous l’emprise du cannabis + troubles de la coordination motrice ;
  • il a été démontré qu’une personne sous l’emprise du cannabis a 2 fois plus de risques d’être responsable d’un accident mortel qu’un conducteur négatif

L’association alcool et stupéfiants

Parmi les conducteurs positifs aux stupéfiants impliqués dans un accident mortel, la moitié présente un taux illégal d’alcool.

Cette association alcool et cannabis se rencontre davantage chez les automobilistes que chez les motocyclistes et davantage chez les 25-44 ans que dans les autres tranches d’âge.

D’après l’étude française SAM (Stupéfiants et accidents mortels) [1], le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par 14 en cas d’association alcool-stupéfiant.

En complément : l’application Alcool, cannabis et conduite de l’association Prévention routière.

Minute de sécurité routière « C’est pas sorcier ! »

Contrôle

Sur la route, le dépistage du cannabis se fait exclusivement sous la forme de tests salivaires, dont sont équipées les forces de l’ordre.

Sont obligatoirement soumises à ce dépistage les personnes impliquées dans un accident mortel, dans un accident avec dommages corporels même non responsable ainsi que pour toutes les infractions s’il y a présomption d’usage.

Si le dépistage est positif, un dosage sanguin est immédiatement effectué, en milieu médical bien entendu.

Sanctions

Si le test salivaire est positif, il y a rétention immédiate du permis de conduire par les forces de l’ordre. Si le dosage confirme le test salivaire, cette rétention deviendra une suspension (par le préfet et, plus tard, par le juge).

La consommation de stupéfiants, même lorsqu’elle a eu lieu bien avant le contrôle, est un délit et entraîne pour le conducteur une perte de six points (tableau des durées de positivité).

Une sanction pénale (amende, obligation de suivre un stage, voire peine de prison…) sera prononcée par le juge.

Plus de précisions sur le site de la Sécurité routière.

Assurance

Lorsque le conducteur impliqué dans un accident de la circulation conduisait en ayant fait usage de stupéfiants, la perte du droit à garantie s’applique à l’ensemble des garanties du contrat, à l’exception de la responsabilité civile pour l’indemnisation des tiers victimes (dans ce cas l’assurance peut se retourner contre son assuré et exiger le remboursement des sommes qu’elle a versé aux victimes).

Pour les autres garanties de l’assuré (frais liés au véhicule, frais de soins…) il convient de voir au cas par cas avec chaque société d’assurances. Si le sinistre est en relation avec l’usage de stupéfiant (même chose pour un état alcoolique), l’assurance peut résilier le contrat.

Pour plus d’informations :

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Les distracteurs

Il existe de nombreuses sources de distraction : se déplacer en écoutant de la musique avec des écouteurs, manger, boire à vélo ou en voiture, programmer son GPS, changer le CD, fumer, ...

Les 4 sources de distractions

Source : site de la Sécurité routière, www.securite-routiere.gouv.fr

Le smartphone est le seul dispositif qui cumule les quatre sources de distraction qui peuvent détourner l’attention d’un conducteur. Écrire un message en conduisant multiplie par conséquent le risque d’accident par 23 : il oblige le conducteur à détourner les yeux de la route pendant en moyenne 5 secondes.

Les minutes de sécurité routière « C’est pas sorcier ! »

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Notes

[1(L’enquête a porté sur 10 000 procédures d’accidents mortels du 1er octobre 2001 au 30 septembre 2003. Les premiers résultats qui portent essentiellement sur le cannabis ont été rendus publics fin 2005.)